Des couleurs pour l'apprenti

Vie, coutumes, institutions, pouvoir et organisation de la société au Moyen-Age

Modérateur : L'équipe des gentils modos

Répondre
Avatar du membre
chlodyne
Messages : 155
Enregistré le : mar. juin 29, 2010 1:13 pm

lun. janv. 07, 2013 5:54 pm

Je vous livre une réflexion que j'ai en ce moment. Je suis plongée dans les livres de recettes de couleurs pour mon livre. Et j'en suis au chapitre sur les récipients de conservation des couleurs. En recherchant le verbe conserver dans les formules, j'ai constaté que l'auteur du manuscrit s'adressait parfois au lecteur qui fabriquait les couleurs. Je suppose qu'il s'agit d'un élève car le peintre avait des apprentis. Ils apprennaient à fabriquer les couleurs et à les broyer. Lorsqu'un apprenti faisait des pigments et des couleurs pour le maître, il pouvait en conserver certaines pour son usage personnel. C'est ce que nous apprennent ces textes.
Ces couleurs sont entre autres celles de recettes pour la purification du lapis lazuli, pour une encre faite avec du noir de fumée, pour du vert-de-gris conservé dans un cornet de bronze avec un peu de safran, pour la laque rouge de kermès, pour une couleur rose, pour l'azur de tournesol ou folium (fait avec la Chrozophora tinctoria).
Dame Chlodyne, peintre d'imageries médiévales
http://www.claudinebrunon.com
Blog : http://arhpee.typepad.com/enluminure
Groupe Enluminure/Calligraphie : https://www.facebook.com/groups/1425864087660078/
Avatar du membre
Sagiterra
Messages : 1735
Enregistré le : ven. févr. 02, 2007 12:00 am
Localisation : Saintes (17)

lun. janv. 07, 2013 10:12 pm

Toute peine méritant salaire, et un apprenti étant toujours mal payé, le maître qui autorisait son apprenti à conserver une partie des pigments, adoptait une attitude philosophiquement intelligente, car il avait dès lors la quasi assurance de ne pas se faire voler lesdits pigments par ledit apprenti. ;)
Et il le formait aussi à une semblable magnanimité pour l'avenir où l'apprenti deviendrait à son tour un maître… :jap:
Conte, enluminure, calligraphie, où donc s'arrêtera-t-elle ?
Ahem... batterie jazz... euh... tir à l'arc dans une vie antérieure... :oD
Répondre

Retourner vers «  La Société au Moyen-Age »