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Réalisation
d'un jeu d'échecs
Un peu d’histoire…
Le jeu d’échec
est originaire de l’Inde. Connu dans le Moyen-Orient à
partir du VII° siècle par l’intermédiaire
du commerce avec les Perses puis les Arabes ( échec
vient de el Chek soit : le Roi) , il
parvient en Europe méridionale au VIII° siècle
lors de la conquête de l’Espagne par les armées
musulmanes.
Au début du X° siècle, il arrive en Russie et
dans les pays scandinaves grâce au commerce avec le califat
de Bagdad. A la même époque, le jeu d’échec
arrive dans les îles Britanniques, apporté par les
Vikings.
La première mention écrite d’un jeu d’échec
en France date de 1008 : le comte évêque d’Urgel
lègue un jeu en cristal de roche au monastère Saint-Gilles
du Gard.

Réalisation :
Comme on peut le
voir sur les illustrations, les jeux d’échecs du
Moyen-Âge ne sont pas encore aussi figuratif que ceux que
nous connaissons aujourd’hui, et tout cas pas dans une grande
majorité. Les pièces gardes encore les formes empruntées
au jeu arabe, notamment le fou (al fin en arabe) à une
tête sphérique en v pourvu de deux excroissances
évoquant l’éléphant.
Ces formes vont légèrement se modifier au cours
des siècles, mais comme on peut le voir, l’évolution
est assez lente, les tours des deux illustrations sont séparées
par un siècle.


Livre
des jeux du roi Alphonse X de Castille (XIIIème siècle)
Madrid Bibliothèque du monastère Saint Laurent de
l'Escurial
J’ai choisi les formes simples du jeu d’origine arabe,
en m’aidant du jeu exposé au musée de Noyon
(Oise) du XII° siècle pour les dimensions des différentes
pièces.
Ce qui donne, en cm :
Roi 7,8 x 4,6 x 3,4 - Reine 5,7 x 4,2 x 3,4 - Fou 5,6 x 3,1 x
2,2 - Cavalier 5,8 x 3,6 x 2,7
Tour 5,5 x 3,4 x 2,1 - Pion 3 x 1,6 x 0,7.
Pour les matériaux : une essence de bois simple et
très accessible : le pin.

Un manche à
balais (!) a été utilisé comme matière
première pour les pièces, un simple cutter fait
très bien l’affaire pour sculpter les pièces.
Chaque pièce
est sculptée à la main et légèrement
polie pour la finition.
La moitié d’entre
elles a été ensuite teintée au brou de noix,
puis elles ont toutes été protégées
par deux couches de cire.

L’échiquier est fabriqué d’une pièce
dans une planche de 34 cm de côté. Les couleurs sont
obtenues avec du brou de noix pour le sombre et de l’encre
pour le rouge. La séparation des cases est obtenue avec
une pointe chaude, ceci afin d’éviter un étalement
des différentes teintures. Le même résultat
pourrait être obtenus avec une rainure. ces choix sont dictés
par la nécessité technique et non par un constat
sur des pièces originales. Après séchage
il reçoit lui aussi plusieurs couches de cire pour lui
donner une patine protectrice.

Et voilà de quoi passer de belles soirées, et donner
envie d’apprendre, pour ceux qui ne savent pas encore jouer
!

Philippe le Rouge
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Les Guerriers du
Moyen-Age
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